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 vive les atsem[1]

Indispensables pour assister les enseignants et impliquées très fortement auprès des enfants et des parents, les Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles (ATSEM) attendent une reconnaissance qui tarde d'autant plus que leurs missions ont grandement évolué notamment en soutien aux enfants atteints d'handicap.

 

Engagées, c'est le qualificatif qui vient d'abord à l'esprit d'une rencontre avec des ATSEM de notre collectivité qui ont accepté de prendre sur leur temps libre pour répondre à quelques questions de la Fédération CFDT, sur leur travail et pour discuter à bâtons rompus d'un métier qui les passionne.

 

Cette rencontre a fait l'objet d'un long article dans la presse CFDT diffusée à l'ensemble des syndiqué (es) CFDT des collectivités locales (INTERCO)

 

Quelques extraits

 

ATSEM un métier à multiples facettes

 

Sophie : (école Millperthuis) travaille en CLIS (Classe d'inclusion Scolaire) avec 12 enfants de 6 à 12 ans en situation d'handicap…mental, autisme et polyhandicapés. " C'est un choix, j'ai plus un rôle éducatif, proche de celui d'une Auxiliaire de Vie Scolaire". AVS souvent absente et qu'elle doit à chaque fois remplacer. Sophie a reçu une formation à l'accueil des enfants de 1 à 6 ans en situation d'handicap…formation insuffisante au regard des situations difficiles. Ce rôle éducatif ne la dispense pas des taches d'entretien pour laquelle elle ne dispose qu'une demi-heure. Sophie réclame plus de considération pour son métier. La NBI mais également une autre qualification que celle d'ATSEM.

 

 

 

 

Laure : (école Fernand Leger) bachelière et lauréate du concours d'ATSEM; 16 ans de fonction. Elle accompagne une jeune fille en apprentissage qui prépare un CAP petite enfance. Pour assurer cette fonction, Laure n'a eu que 3 jours de formation au tutorat "j'explique le pourquoi et le comment de tout ce que je fais". Si Laure perçoit la NBI, elle déplore que ce temps passé à l'apprentissage ne soit pas suffisamment reconnu. Mais pour Laure '"c'est de voir évoluer les enfants, un enfant bien dans sa peau le répercute sur ses parents qui nous en font retour".

 

 

Marie Claire : (école Guynemer) travaille dans une classe de 28 enfants dont 3 sont sourds: Pour mieux accueillir ces enfants, Marie Claire a du étudié la Langue des Signes Française. Depuis elle continue sa formation, le soir après le travail et à ses frais pour être en compétence. "à l'égard de l'enfant sourd, cela s'appelle du RESPECT, je me dois d'apprendre plus pour eux, je le fais parce que je suis passionnée par la petite enfance et la communication doit se faire pour chaque enfant de manière à donner la même chance à chacun d'entre eux" Cette spécialisation s'ajoute à son travail "ordinaire" Pour Marie Claire il s'agit de socialiser, d'aider à grandir, de mener à bien l'éducation et de leur ouvrir le monde des entendants. Mais deux fonctions sont passionnantes mais sans reconnaissance. Une petite NBI serait gratifiant) Mais d'ajouter "un point très important et non négligeable le fait d'intégrer des enfants sourds et entendants ensemble permet de banaliser le handicap. C'est énorme…le regard de l'autre. Pour les personnes sourdes respecter leur culture qui est différentes à la nôtre, respecter leurs valeurs et conjuguer le tout…"

 

 

Quant à Jocelyne et Martine, elles partagent leur temps entre syndicalisme (cfdt des communaux de Caen), action sociale et leur métier d'ATSEM. Elles portent avec détermination peu commune le dossier des ATSEM depuis de longues  années et n'auront de cesse avant que ce métier ne soit reconnu et rétribué à sa juste valeur.

 

Martine exerce ses missions dans un quartier difficile (ZEP / reine Mathilde). "Les enfants ont reçu peu voire pas du tout d'éducation, ils n'ont pas la culture de base de l'enfant de leur âge. Ils ne reconnaissent pas leur prénoms, ni les chiffres et les couleurs, voir même ne pas savoir tenir une cuillère. Il faut s'adapter en permanence. Je travaille "en totale autonomie et a un bon relationnel avec l'enseignante".

 

Jocelyne exerce dans une école d'application (maternelle Duc Rollon) (les enseignants sont maitres formateurs). Pour Jocelyne, le métier d'ATSEM a profondément évolué. Les ATSEM d'aujourd'hui sont plus investies dans l'aspect éducatif de leurs taches. On est passé progressivement de l'image de l'ATSEM "femme de ménage" à celle " d'assistante d'éducation". Cette évolution s'est accompagnée d'un surcroit de travail, d'une diversification des missions.

 

Ce qui les ennuie c'est de ne pas être considérées comme de vraies professionnelles de l'enfance. Il faut différencier la fonction d'ATSEM et la fonction d'agent chargé de l'entretien. On ne peut assigner les 2 fonctions à 1 seule et même personne.

 

S'il est bien un constat partagé par toutes les ATSEM réunies ce jour là, c'est cette évolution du métier d'ATSEM vers une participation toujours plus grande "à la communauté éducative".

 

Depuis la création de ce cadre d'emploi, le métier n'a cessé d'évoluer et sous l'impulsion de la CFDT, l'assistance des enseignants dans les classes et établissements accueillant des enfants handicapés fait partie aujourd'hui de leurs missions.

 

Il y a donc largement matière à poursuivre l'action syndicale et c'est bien ce que ces ATSEM de Caen engagées comptent faire.

Tag(s) : #ATSEM

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